La SCELF, Société Civile des Editeurs de Langue Française.

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Transcolorado
GUCHER Catherine
Gaïa
Colorado (USA)
Six mois
Une femme cabossée par l'existence peine à vivre dans les grandes plaines du Colorado, jusqu'au jour où un homme laisse entrevoir un espoir, la possibilité de se reconstruire.
Les grandes plaines du Colorado, avec leur ciel immense, souvent trop bleu. Pour chasser les angoisses, une femme prend le bus, le Transcolorado, jusqu’à l’arrêt des quatre montagnes. Et puis elle rentre. C’est une femme cabossée par la vie, au moins autant que les vieux pick-up qui traînent par ici. Elle glane dans les champs, va chercher sa pension chaque mois aux postes et télégraphes. Boit des cafés-whiskys. Le jour où Tommy, l’homme à la gueule d’Apache avec sa balafre, passe la porte du bar du bout de la route, elle sait que quelque chose s’avance qui peut changer un bout de son existence. « Si Adam et Eve n’avaient pas croqué la pomme… » dit-il. Tommy rêve d’acheter une parcelle dans les montagnes pour y planter des sapins Douglas. Elle est prête à le suivre, quitte le café du bout de la route, où Joe veillait sur elle un peu comme un père. Son père à elle avait un ranch, avec des bêtes, il a fait faillite et est mort il y a longtemps. Sa mère avait des crises de grand-vent-dingue qui l’effrayaient. Et puis il y avait le voisin, le type de la grange qui avait des livres mais lui a fait du mal. Tommy et la femme prennent une chambre à Montrose, il n’y a pas de sexe entre eux, ça n’est pas le sujet. Ils jouent aux tickets de la chance, gagnent. Un mois après, Tommy la laisse seule pour aller acheter sa parcelle, elle croise des Amish qui lui font penser à son père et parlent comme Tommy : « Si Adam et Eve… » Elle part avec eux, il y a des chevaux, un bel Appaloosa presque sauvage. Mais les Amish veulent la domestiquer, la marier, et elle s’enfuit. Dans ces grands espaces où l’on s’attache plus aux animaux qu’aux hommes, elle recueille un chien de prairie et monte dans le Transcolorado pour rentrer chez elle, chez Joe, malgré la tempête. Joe est gravement malade. Elle ne l’aide pas, elle ne sait pas faire. Elle part dans les montagnes, trouve la cabane de Tommy. Ils se retrouvent, ne parlent guère, ce sont des taiseux. Une nuit, ils dormiront l’un contre l’autre. George Bloss, le fermier d’à côté, vient les chercher. Joe est mort et leur a légué le café, à condition qu’ils restent ensemble. La gérance est confiée à Anny Bloss. La moitié de la semaine, George va aider Tommy à finir de planter les sapins Douglas, et l’autre moitié c’est elle qui aide George Bloss avec les bêtes. C’est le début d’une rédemption.
Entre "Sans toit ni loi" d'Agnès Varda (1985) et "Wild" de Jean-Marc Vallée (2015).
Ce road-trip fait rêver avec les grands espaces américains, une histoire d'amour iconoclaste, portée par une voix unique, celle des existences chaotiques.