La SCELF, Société Civile des Editeurs de Langue Française.

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La Danse sorcière
HENRY Karine
Actes Sud
France, Allemagne
Plusieurs mois, des années en rétrospective
Alors que la pratique de la danse avait apaisé le traumatisme de son enfance, Else, devenue une danseuse renommée, se voit soudain entravée par le sentiment d’être épiée depuis une lucarne juste en face de sa salle de danse vitrée. Est-ce une rechute, une angoisse liée au passé, ou une menace réelle ? Y aura-t-il danse assez puissante pour la maintenir au sommet de son talent ?
Une femme nage, seule dans une piscine au milieu d’un jardin. Fluidité, rythme, impulsion, déploiement du corps, elle semble jouir d’éprouver ses mouvements, ses gestes déliés. Sortie de l’eau, la silhouette est fuselée, élancée, musclée. Une silhouette de danseuse, forte, … Mais aussitôt l’on sent que cette femme n’est pas épanouie dans cette réalité, elle apparaît fragile, son visage empreint d’inquiétude. Trente-quatre ans plus tôt dans les rues de Düsseldorf, Else est une petite fille quand son père est renversé par une voiture sous ses yeux. Malgré la violence du choc, le chauffard ne s’arrête pas. Seule dans la rue déserte, l’enfant reste immobile, sidérée, terrifiée. Quand sa mère la récupère, elle la tient pour responsable, la maudit, l’accuse et la malmène, exige de savoir ce qu’elle a vu. Mais murée dans l’effroi, Else demeure incapable de se souvenir, de décrire le chauffard, la scène. Coupable, elle tombe en catatonie : une tension extrême qui transforme son corps en pierre. À cette pathologie persistante, Lila sa grand-mère paternelle, ancienne danseuse, professeure et pédagogue exceptionnelle, va répondre par la danse, lui enseignant le geste et la beauté du déploiement de l’être pour repousser l’entrave. L’ascension de la fillette devenue jeune femme est fulgurante, de l’Opéra Garnier au Wuppertal Tanztheater de Pina Bausch. Lila meurt en 2008 et bouleversée par sa disparition, Else quitte Pina Bausch pour rentrer à Paris, où elle s’installe rue Malher dans l’appartement de la défunte. Au dernier étage de l’immeuble se tient la salle de danse, vaste pièce cernée de baies vitrées où Else a enraciné son art, atteint sa perfection. Elle a trente-neuf ans, est à l’acmé de sa carrière, et danse pour Lucas, directeur des Kachinas, une compagnie célèbre pour ses étranges solos chamaniques : Les Exorcies. C’est alors que se produit l’événement : rien ou presque, mais juste en face, d’une lucarne, apparaît quelque chose ou quelqu’un qui l’épie. Dès lors la peur revient. Celle de l’enfance, celle de la pierre. La mécanique du mouvement se détraque, Else n’arrive plus à danser. Que va devenir sa virtuosité ? Sa capacité à se produire sur scène ? Quelle est cette présence, ce regard ?
"Black Swan", "Pina", "Relève", "Billy Elliot"
A lire les descriptions, on ne regarde pas Else danser, on danse soi-même. Grand roman du geste, ce livre offre un voyage esthétique parmi les plus grands danseurs et chorégraphes de notre temps. Quel que soit son intérêt pour cet art, on sera habité par le mouvement, entraîné dans l’intrigue hitchcockienne, terrifiante menace chorégraphiée de main de maître.