La SCELF, Société Civile des Editeurs de Langue Française.

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Titre :

Aveu de faiblesse

Auteur:

VIGUIER Frédéric

Editeur:

Albin Michel

Genre :

Sociétal

Procès

Lieu:

Nord de la France

Durée :

Trois ans

Un adolescent condamné pour le meurtre d’un enfant qu’il n’a peut-être pas commis...

Yvan, 16 ans, est élève au lycée professionnel, en menuiserie, dans une banlieue de Lille. Sa disgrâce physique et la conscience de sa laideur en font un paria dans son village et à ses propres yeux : un petit monstre ordinaire, humilié par ses camarades ; un frère parti tôt de la maison, des parents affligeants, un père péremptoire et borné, une mère collectionneuse de boîtes de camembert et sculptrice de mottes de beurre. Romain, 8 ans, un méchant petit voisin, est tué à coup de hachette dans un terrain vague. Au cours de l’enquête de voisinage, Yvan se retrouve accusé du meurtre par un faisceau circonstanciel de preuves, et quelques maladresses de sa mère. La mécanique impitoyable et révoltante des gendarmes se met en place pour extorquer des aveux à l’ado terrorisé, vaincu d’avance. Il est pris dans un piège si bien tendu que ses parents eux-mêmes finissent par l’abandonner. C’est le procès, la perpétuité, la prison et ce qui s’ensuit au-dedans pour les tueurs d’enfants. Mais une avocate s’avise de son éventuelle innocence, lui fait faire appel in extremis et initie une révision. Dans le dialogue qui s’engage avec elle, il fait preuve de finesse, de vivacité, de lucidité. Il quitte la passivité qui l’a fait condamner et parle enfin de son père, coupable sans doute du meurtre du gamin, mais aussi de l’enfance et l’adolescence minables qu’il lui a fait vivre. Pendant ces 3 ans de prison, Yvan apprend la vie et s’affine. Il fabrique des meubles et connaît un petit succès local. Le procès en révision le fait acquitter, et condamne son père. Sa vie d’homme commence. Libéré, nouveau héros du village, amoureux et bientôt père, il rend une brève visite à sa mère. C’est de ces 20 ans d’étouffement qu’il lui parle, de la solitude dans laquelle, privée désormais de son mari, il la met à son tour. Il fait un tour du village, sur le lieu du crime, bientôt aménagé en espace de jeux par un maire entreprenant, un dernier tour sur le lieu de son crime et l’aveu, réaffirmé, de sa culpabilité.

Références cinématographiques :

"Usual Suspects" de B. Singer et le "6° sens" de M. Night Shyamalan : pour la révélation de dernière minute qui donne à la seconde lecture / vision une toute autre teinte. "P’tit Quinquin" de B. Dumont pour l’atmosphère improbable et mouvante du Nord vu par un artiste.

Raison du coup de cœur :

Une histoire courte, haletante et éprouvante et la faculté de nous faire nous attacher à un personnage ambivalent et nous met dans un état d’empathie sans issue. Deux coups de théâtre : l’un au moment de l’instruction du procès en révision (culpabilité du père ?), l’autre dans les dernières lignes du roman (aveu silencieux d’Yvan).