Discours de Philippe Robinet, Président de la SCELF – 2026

à l'occasion des voeux au Syndicat National de l'édition

Contact SCELF : Emeline Chetara / e.chetara@scelf.fr

8 janvier 2026, Vœux du SNE, de la SCELF et du Cercle de la librairie. Discours de Philippe Robinet, Président de la SCELF :

Chères toutes, chers tous,

Merci Monsieur le Président, merci cher Vincent, pour cette invitation aux voeux du SNE; merci cher Renaud. En ce début d’année, je suis heureux de vous retrouver ici car ce moment est important pour la SCELF et ses membres éditeurs. D’abord parce qu’il porte l’esprit de collaboration qui anime l’interprofession, mais aussi parce qu’il témoigne de la place accordée aux adaptations aujourd’hui dans l’écosystème du livre.

Comment développer les passerelles entre le livre, l’écran, la scène, la radio ou encore la musique ? Comment accompagner les éditeurs dans la collaboration avec d’autres industries culturelles ? Comment assurer la juste rémunération des éditeurs et des auteurs dans le cadre d’une adaptation ? C’est pour répondre à toutes ces questions que la SCELF a été créée par les éditeurs en 1960. 

Depuis, la SCELF a beaucoup évolué, mais elle reste un organisme unique, appartenant aux éditeurs et fondé sur la force du collectif.

L’année 2025 a été une année de développement pour la SCELF, marquée par une croissance significative du nombre d’éditeurs qui nous rejoignent. Je suis heureux de vous annoncer qu’aujourd’hui 572 éditeurs sont adhérents à la SCELF. 572 adhérents, c’est un chiffre record et qui montre l’importance de la question des adaptations.

572 adhérents et plusieurs centaines de contrats d’adaptations – options et levées d’options – enregistrés en permanence tout au long de l’année à la SCELF.

Les activités de la SCELF s’articulent, vous le savez, autour de trois grands axes : la formation à l’adaptation, les rencontres professionnelles entre éditeurs et producteurs avec notre programme Shoot the book !, et surtout la gestion collective. Ces missions sont interdépendantes et constituent un cercle vertueux : elles permettent aux éditeurs d’appréhender pleinement la transformation des œuvres littéraires vers de nouveaux formats, et de toucher, à terme, de nouveaux publics. 

Comme évoqué dans le cadre des récents Etats Généraux pour la lecture de la Jeunesse, nous devons dépasser le simple constat des jeunes qui se détourneraient de la lecture.

À la SCELF, nous sommes convaincus que l’adaptation peut jouer un rôle déterminant pour favoriser le retour à la lecture. Et cette conviction est maintenant confortée par des chiffres :  Selon la sixième édition du baromètre bisannuel « Les Français et la lecture », réalisée par Ipsos en 2025 pour le CNL, 43 % des lecteurs ont déjà eu envie de lire un livre après avoir vu son adaptation en série ou en film.

Et ce phénomène est encore plus marqué chez les moins de 20 ans : 75 % d’entre eux ont eu envie de lire un ouvrage après en avoir découvert l’adaptation.

L’image donne donc aussi envie de lire. La SCELF entend répondre collectivement à cette dynamique du livre vers les films ou les séries et aussi le spectacle vivant.

Des maisons indépendantes aux grands groupes, de la jeunesse à la non-fiction, du livre illustré au webtoon… nos membres représentent toute la richesse et la diversité de l’édition française. À travers leurs catalogues, les éditeurs réunis au sein de la SCELF proposent aux producteurs, réalisateurs, metteurs en scène ou compositeurs une offre d’une ampleur rare.

Le volume d’adaptations géré par la SCELF en est la preuve concrète. En 2025, la SCELF a redistribué plus de 5,8 millions d’euros aux éditeurs, et donc aux auteurs. Je souligne ce chiffre de 5,8 millions car c’est un chiffre record. La gestion collective est la pierre angulaire de notre activité et l’échange constant avec nos partenaires de la SACD, la SCAM et la SACEM.

nous permet aujourd’hui d’accompagner, avec clarté et précision, nos membres dans la gestion des droits d’adaptation. 

L’année 2025 a aussi marqué un tournant pour la SCELF avec l’arrivée de Valérie Barthez à la direction générale. Valérie a déjà impulsé un nouvel élan à l’ensemble de la structure. Je veux la remercier chaleureusement pour son engagement au service de nos métiers et lui dire publiquement combien je suis heureux de sa présence à la SCELF. 

L’année 2025 a été également une année d’élection, avec le renouvellement de nos instances, de notre Conseil d’Administration, des commissions de travail et de notre bureau qui est maintenant composé de : Marion Glénat, Anne-Sylvie Bameule, Frédérique Massart, Claude de Saint-Vincent et Gauthier Auzou. Notre Conseil de Surveillance est présidé par Gilles Haeri. A toutes et tous, aux membres de notre conseil d’administration présents ici ce soir,  merci pour votre implication dans notre travail collectif.

Pour illustrer l’activité de cette année 2025, je souhaite mettre en lumière trois réalisations marquantes.

D’abord, le lancement d’un cycle de formations en partenariat avec la FILL. Ces formations sont destinées aux petites structures d’édition qui ne disposent pas de service dédié aux cessions de droits. Nous nous rendons sur l’ensemble du territoire, grâce au réseau des agences régionales du livre et au soutien du ministère de la culture pour accompagner les éditeurs dans cette montée en compétence indispensable sur les sujets d’adaptation.

Ensuite, le développement des rencontres professionnelles avec les rencontres annuelles en juin à la BNF et avec notre marque Shoot the Book!. Sous la houlette d’Emeline Chetara, notre directrice des programmes et son remarquable engagement que je veux saluer, assistée par Lina Bourdiaux. Shoot the book ! Cette année a encore démontré son caractère essentiel. Au Festival de Cannes, à Séries Mania, mais aussi à Montreuil pour la jeunesse, ces rendez-vous structurés par la SCELF favorisent l’émergence de projets d’adaptation. 

Un exemple récent pour illustrer ce succès : les éditions Les fourmis Rouges nous ont récemment indiqué avoir reçu quatre propositions de producteurs pour une adaptation suite à sa participation à Shoot the Book! Jeunesse au SLPJ. C’est précisément ce que nous voulons offrir aux éditeurs : des mises en relation fructueuses, qui deviennent des projets. Je veux vous annoncer que nous avons renouvelé nos partenariats avec le Festival de Cannes, avec Série Mania, et qu’en plus nous implantons cette année un Shoot the Book ! au MIFA, le festival de l’animation à Annecy. Shoot the Book ! est et sera donc dans tous les plus grands festivals français à portée internationale. Les éditeurs avec le soutien de la Scelf seront également présents dans de nombreux autres évènements en France dont par exemple le SLPJ à Montreuil, Quais du Polar ou encore le FIPADOC.

Grâce à l’Institut français – et je remercie sa présidente Eva Ngyuyen Binh – nous avons pu explorer de nouveaux horizons en 2025 : l’Italie, Taïwan, ou encore Londres, où les producteurs sont particulièrement attentifs aux œuvres françaises. Nous allons continuer en 2026 à exporter les adaptations dans de nouveaux territoires.

Enfin, je souhaite remercier le SNE et le Festival du Livre de Paris pour avoir accueilli la Grande Galerie de l’Adaptation au Grand Palais en 2025. La SCELF a pu présenter des adaptations de livres en films au grand public, ainsi qu’une exposition de Thierry Frémaux avec ses tirages issus des films des frères Lumière. Nous avons également proposé, en partenariat avec l’association Cinéma pour tous, des projections destinées à des jeunes pour lesquels il s’agissait bien souvent d’une première expérience de cinéma, de littérature, et même d’une découverte du Grand Palais et de Paris. 

Nous allons continuer en 2026. Et j’ai le plaisir de vous annoncer que la SCELF mènera pendant le prochain Festival une action en faveur de la bande dessinée, avec pour la première fois au coeur du Festival le présence de Shoot the Book!, où des éditeurs présenteront des bandes dessinées devant des producteurs de cinéma, de télévision et de plateformes que la SCELF va inviter. 

Toutes ces actions ne seraient pas possible sans le soutien de nos précieux partenaires, que je veux remercier chaleureusement. Une année 2026 qui s’annonce dense, avec un programme solide pour promouvoir les adaptations, toutes les adaptations de livres, grâce aux éditeurs.

Au nom de l’ensemble des adhérents de la SCELF, je vous adresse à toutes et à tous mes meilleurs vœux pour cette nouvelle année, au cours de laquelle nous continuerons à découvrir nos livres sur les écrans, sur scène ou à la radio, grâce au travail remarquable des cessionnaires de droits au sein de nos maisons d’édition.

Merci